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La montagne rouge 27

Publié le par le breton noir

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Photographie : Christine Le Moigne-Simonis

 

 

27

 

         Cela ne faisait pas de doute. Louis Le Berre s’y connaissait un peu en matière d’armes et, ce qu’il venait d’entendre, il en était certain, n’était pas des rafales d’armes automatiques, mais des coups bien distincts les uns des autres tirés par une ou plusieurs armes de poing. Le Berre avait passé les quatre-vingts années. C’était un de ces Bretons difficiles à cerner, capables de vous embarquer dans des rires en cascade avant de céder, sans aucune transition, à la mélancolie la plus profonde. Cela faisait déjà dix ans que, sans lâcher complètement les rênes, il avait passé la main en laissant, à son fils Youen et à Margot sa bru, la direction de la ferme familiale sise à Garzonval, un des hameaux de Plougonver. Formé à son école, Youen était ce que l’on appelle un bon garçon, solide et travailleur, sur qui on peut se reposer.

             Deux choses pourtant chagrinaient le vieil homme. D’abord, que Soize, son épouse, qui l’avait secondé pendant tellement d’année et si bien remplacé à la ferme pendant la Grande Guerre, ne soit plus là pour profiter du bon temps avec lui. Ensuite, que son âge l’obligeât à se tenir éloigné des maquis qu’il savait se lever un peu partout dans la montagne. Car, sans haïr les boches qu’il avait combattus pendant ses quatre années de front, Louis ne supportait pas de voir son pays, qu’il aimait d’un amour viscéral, obligé de courber l’échine et de ramper devant l’envahisseur. Chaque soir qui passait, il remâchait cela sur le chemin et sa promenade vespérale en était aussitôt gâchée.

 

             Les coups de feu avaient claqué à l’instant même où il franchissait l’intersection de la route principale et du chemin qui menait au hameau. Il s’était arrêté et aussitôt, par pur mimétisme, Mab, son fidèle compagnon, un corniaud au poil fauve et à l’humeur paisible, s’était figé auprès de lui. Le Berre leva le bras et mit sa main en éventail. Le crépuscule maintenant installé gênait sa vue et il lui fallut cligner fortement des paupières pour distinguer, trois virages plus bas dans la lumière rase, des silhouettes imprécises qui s’agitaient autour de véhicules sombres.

 

          Il se souvint alors d’avoir été doublé, quelques instants auparavant, par une colonne composée d’une camionnette bâchée précédée de deux voitures banalisées, des tractions noires à ce qu’il lui semblait. Ce dont-il était certain, c’est qu’on avait démonté les portières des voitures légères pour offrir aux occupants un meilleur angle de tir et plus de rapidité pour le cas, toujours possible, d’une embuscade. Pourtant, à entendre les chansons lestes et avinées qui s’incrustaient dans leur sillage, on comprenait que la discrétion n’était pas ce qui les guidait ici. Alors, quel projet criminel pouvait-il donc les amener à pareille heure dans le pays ? Le Berre, pourtant bien informé, n’avait rien entendu qui pourrait justifier une action punitive. Et si pourtant c’était le cas, une question tragique se posait sur les lèvres. Où ?

 

          Or, voici que le convoi le précédait sur le chemin de Garzonval. Son sang ne fit qu’un tour et, dès lors, il n’eut plus qu’une idée en tête : pousser du plus fort qu’il pouvait sur ses vieilles jambes et arriver à temps. Si le hameau devait être détruit, si sa famille, ses voisins, ses amis, ses compagnons de route devaient être fauchés, sa vie n’aurait plus aucun sens. Autant périr à leurs côtés.        

 

          À l’approche de la nuit un vent très doux s’était levé. Il courait sur la tête des chênes en invitant dans ses méandres les pétarades sèches des moteurs en train de démarrer. Pareil à un lièvre piégé par la lanterne d’un braconnier, Le Berre restait figé sur son morceau de route.

 

         — Eh Bleiz, qu’est-ce que t’en dit, si on se faisait un vieux ?

 

         Le Berre sera les poings. Il n’avait pas rêvé. En uniforme boche, le torse sorti de la portière, le type qui parlait, un petit gars à l’air pas très intelligent, le genre amuseur de chambrée, s’exprimait dans un breton aussi pur que le sien. Quant à l’autre, celui qui se faisait appeler Bleiz, un homme mince au regard de fauve, le rencontrer ici avait de quoi vous faire frémir. Bleiz, le loup, le fameux chevillotte du Bezen Perrot ! En Bretagne, ces types avec la rage au ventre étaient l’incarnation du mal. Rien à attendre d’eux. À cette heure, Garzonval ne devait plus être qu’un tas de cendres sur lesquelles flottait le vent acide de la mort et quant à lui, pas la peine de prendre des paris, cette minute tragique n’était sans doute sa dernière.

 

        Du coup, lui, qui l’instant d’avant pensait se jeter dans les flammes, à présent était tétanisé,  statufié de panique, brusquement soulagé d’entendre le chef glapir à ses oreilles :

 

         — Dégage si tu ne veux pas numéroter tes abattis ! 

 

         Et lui, le vieux chêne qu’aucun orage n’avait découronné, s’exécuta comme un enfant coupable.

 

             — Va Doué ! Mon pauvre !

 

             La veuve Even venait de surgir de derrière le talus où elle s’était cachée pendant toute la scène. Le Berre ne fut pas étonné de la retrouver là. La veuve avait sa ferme à Kernavalou, hameau voisin de Garzonval. Elle menait paître tous les jours ses vaches au long de la voie ferrée qui passait là et chaque soir, alors qu’elle les ramenait à l’étable, elle rencontrait le Berre et Mab qui revenaient de promenade. Ils se saluaient à la bretonne de quelques mots sonores puis poursuivaient chacun de son côté. Cela avait créé comme un compagnonnage et aujourd’hui, quand elle l’avait vu en périlleuse situation, son cœur avait tremblé.

 

           — Vous avez entendu ? dit-elle en reprenant son souffle. Neuf coups, peut-être même dix !

 

           Le Berre lui coupa la parole. En contrebas, près du lavoir, là où les voitures stationnaient tout à l’heure, on pouvait distinguer des formes allongées, pareilles à des poissons qu’une crue soudaine a déposés sur l’herbe. Le respect, dû aux morts, lui imposait de contenir sa joie. Pourtant, elle bouillonnait en lui. Il venait de comprendre que le hasard seul avait conduit le pas des bourreaux dans ce chemin. Punir Garzonval, allez savoir de quoi, n’avait jamais été dans leurs projets. 

 

          — Ces gars n’ont pas la même chance que moi, dit-il avec humilité.  Comptez les corps et vous aurez vos balles ! Pas neuf, pas dix, mais sept ! L’écho vous aura joué un tour …

 

           — Allons voir dit la veuve.

 

            Mab, oreilles et têtes basses, ouvrit la marche avec l’allure d’un chien fidèle, celui de Mozart peut-être, suivant en solitaire l’enterrement de son maître. Plus bas, dans la vallée, comme si rien ne s’était produit, on entendait la voix d’un laboureur qui rentrait ses chevaux. Ils arrivèrent au lavoir. Derrière le petit édifice, sur l’herbe chaude où hier encore les draps étaient mis à blanchir, sept corps torturés, sept cadavres que la mort n’avait pas apaisés, gisait une balle dans la nuque. L’un deux, porteur de chaussures à semelles de bois, avait l’œil arraché. Le Berre ne savait pas — et qu’est-ce que cela aurait changé — que ces restes, encore noués par la souffrance, étaient ceux d’Albert Torquéau, l’instituteur de Rostrenen.

 

         Au même instant, les joyeux drilles du commando, toujours riant, chantant et plaisantant, comme des fauves repus, le mufle encore sanglant reviennent de la chasse, retrouvaient leur tanière. Pourquoi auraient-ils respecté le repos des habitants du bourg ? Tout leur était permis. L’étau était tellement serré qu’il n’y avait d’autre solution pour exister que de faire le dos rond. Les jours meilleurs seraient pour qui saurait attendre.

 

          Scrignac se serait épargné le pire si certaines têtes chaudes, des jeunes gens impatients d’en découdre s’étaient tenues à ce principe.  Certes, ça hérissait le poil de voir, un jour de fête nationale, deux officiers de l’intendance forcer les portes de la mairie en exigeant, comme s’ils n’avaient déjà tout pris, l’utile comme le superflu, leur tribut de seigneurs de la guerre. Mais s’emparer de leur personne, les entraîner dans les taillis, les exécuter avec leurs propres armes puis faire disparaître les corps dans une fosse dissimulée sous des branchages laissés là par des bucherons, ce n’était pas se conduire en héros de la Résistance, mais en gamins inconséquents. Si encore ils avaient terminé le boulot ! Au moins auraient-ils laissé une chance au maquis d’organiser la défense de la ville, mais il aurait fallu qu’ils songent à faire table rase, à ne laisser vivant aucun soldat allemand. Or, à peine eurent-ils rejoint le bourg, qu’ils furent accueillis par une volée de balles crachée par les mitraillettes du chauffeur et d’un homme de la Gestapo assis auprès de lui.  Ainsi, dans leur empressement à liquider les officiers, ils n’avaient neutralisé l’escorte. À présent il prenait la mesure de leur légèreté. Dans un délai très proche, le duo qui fuyait avec la rage aux tripes, allait donner l’alerte. Déjà que l’on était sur la sellette avec l’assassinat de Yan-Vari Perrot.  

 

          Évidemment, cela ne manqua pas. Moins d’une heure plus tard, les rescapés de l’embuscade arrivèrent à Bourbriac où ils furent accueillis par un Roeder plus raide que jamais. Aussitôt, l’officier se retira pour téléphoner à l’État-Major de forces allemandes en Bretagne qui se trouvait à Pontivy.

 

         — Entrez ! dit-il au bout de dix minutes.

 

          Il fit asseoir les messagers et venir Daigre et Chevillotte.

 

         — Scrignac ne perd rien pour attendre, dit-il avec un œil mauvais. Le colonel Bardell et ses blindés légers vont arriver. C’est lui qui commandera l’opération, mais, pour vous, cela ne changera rien. Sur le terrain vous continuerez à prendre vos ordres de moi. Jusque-là, occupez-vous des prisonniers. Tirez d’eux tout ce que vous pouvez et puis videz la cave.

 

         Jamais mission ne fut mieux accomplie et ce soir, en retrouvant la maison du notaire, Bleiz était heureux. Dans quelques heures l’abbé Perrot allait être vengé.

 

         Dès l’aube, Roeder alla frapper à la porte du maire. À juste titre paniqué, Yves Le Couster enfila sa robe de chambre, mis un peu d’ordre dans ses cheveux, puis, en s’efforçant de ne pas réveiller son épouse qui semblait enfoncée dans un sommeil profond, il entreprit de descendre. Il regarda au passage le cadran de l’horloge trônant au pied de l’escalier. Cinq heures.

 

         — Iffig, dit sa femme parfaitement éveillée, rappelle-toi, personne n’est jamais venu ici.

 

         Ainsi, elle pensait elle aussi que l’officier venait pour lui. Oh, il n’était pas un bien gros Résistant, un de ceux à qui on offrira, la guerre terminée, un nom de rue ou bien de place. Lui s’était juste contenté de mettre sa maison à la disposition des responsables clandestins ayant besoin d’un point d’appui dans leurs missions de liaison. De la même façon, sans bouger de son bureau, avait-il participé, en hébergeant le commando parti de Saint-Nicolas-du-Pélem, à la libération de Jean le jeune, chef FTP des Côtes du nord, prisonnier à Lannion. Alors, pour lui et son épouse, plus au courant qu’il ne l’aurait souhaité, Roeder venait pour l’arrêter et peu importe qu’il soit le maire. Pourtant, à son très grand étonnement, le lieutenant, sans prendre la peine de saluer, se contenta de lui tendre, d’un geste peu amène, le trousseau de clés du notaire.

 

        — Tenez, j’ai autre chose à faire, dit-il en haussant le sourcil comme s’il portait monocle, vous les rendrez à leur propriétaire.

 

         Sur ces mots méprisants il tourna les talons.

 

         Le lieutenant se dirigea droit vers la file de voitures qui, moteurs déjà en marche, attendaient devant la maison du notaire. Son regard s’arrêta sur les miliciens bretons déjà installés, le doigt sur la détente de leur arme. « Des gueules comme je les aime », se dit-il en s’asseyant dans la voiture de tête. Tous les regards convergèrent vers la place où les blindés légers du colonel Bardell, silhouettes alanguies de sauriens faussement endormis, attendaient le signal. Roeder plia le bras, leva et descendit son avant-bras trois fois. Les moteurs ronflèrent, les voitures s’ébranlèrent et les blindés prirent leur essor dans un dans un couinement géant qui fit trembler les murs.

 

         Cinquante kilomètres pour rejoindre Scrignac. C’est peu, même par des routes tortueuses. C’est peu, mais c’est très long pour les villages traversés. Les Allemands n’avaient rien fait pour tenir l’expédition secrète. Aussi, bien que rien n’indiquât qu’ils perdraient de leur temps à s’arrêter dans les hameaux, ce fût la panique totale. N’est-ce pas, un hangar incendié au passage ; un tir de mitraillette lâché pour le plaisir ; un vieillard piétiné, une jeune fille violée, rien ne pouvait s’exclure. Le bruit avait couru qu’un jour à Bolazec, une troupe en goguette avait mitraillé un troupeau. Alors, on se cachait derrière les volets clos et on ne consentait à mettre le nez dehors que lorsque la colonne, dans une levée de poussière jaune, avait quitté le territoire de la commune.

 

             Scrignac n’avait pas attendu l’arrivée de la meute. Après une brève concertation, dès la fuite de l’escorte, on avait déserté la ville et seul le maire demeurait à son poste. Cependant, avant de fuir comme les autres, Georges Bloas, un des écervelés par qui le malheur arrivait, lui avait indiqué, comme s’il voulait par-là soulager sa conscience, l’endroit où se trouvaient les corps des officiers allemands. C’était une bien terrible charge qu’il laissait à l’édile. Le pauvre se rongeait la cervelle. Quelle attitude devrait-il adopter quand la troupe serait là ? Dire ? Ne pas dire ? Se décharger d’un coup ou bien tergiverser ?  Il n’eut pas à se tourmenter longtemps. Des bottes claquèrent dans le couloir, on enfonça sa porte avec fracas, on se saisit de sa personne.

 

           — Où sont les corps de nos camarades ?

 

          Le maire ne faisait pas le poids et le savait. Tous ses administrés étant à présent à l’abri, il pouvait se permettre de cracher le morceau.

 

          La chasse commença.   

 

          La horde commença par piller les maisons puis, après s’être emparée de la gendarmerie du Huelgoat, les mains libres à présent, comme une volée de doryphores, se répandit sur les campagnes alentour. De temps en temps, histoire d’asseoir sa légitimé, Bardell faisait fusiller un ou deux prisonniers. Mais le reste du temps, certain qu’il ne le décevrait pas, il laissait à Roeder la bride sur le cou et celui-ci n’y allait pas avec le dos de la cuillère. Jours après jours, des centaines de soldats, la formation Perrot, les salopards de Daigre, sans oublier le Kommando de Landerneau, ratissaient les bois et la montagne.  Cela durait depuis plus de dix jours et si on n’y mettait pas fin, il en serait bientôt fini de Scrignac et du maquis de la montagne.  

 

         Alors, on décida de faire appel à l’aviation.

 

        À la pointe du jour le bourdonnement de l’escadrille ressembla à une montée d’orage. On s’était efforcé de prévenir la population revenue s’installer dans les maisons pillées, mais celle-ci, un peu par lassitude, un peu par incrédulité, s’était refusé à y croire. Des paras qui sautent sur la montagne, qui rejoignent le maquis ou qui contournent l’ennemi, oui, c’était plausible et attendu ; mais des bombes alliées qui vous tombent sur la tête, ça, c’était inconcevable.  Là-haut, dans les carlingues, comme chaque fois dans un cas pareil, on faisait le boulot.  Passer, repasser, larguer les bombes et oublier. Les états d’âme, si jamais on devait en avoir, ce serait pour plus tard, quand la paix revenue on pourrait se poser n’importe où et réfléchir. Aujourd’hui l’objectif était clair. Pilonner les deux écoles et le presbytère où les Allemands avaient pris leurs quartiers. Hélas, ce que ceux de là-haut ne pouvait pas savoir, c’est que, ce matin-là, à part quelques individus retenus par des tâches annexes, l’essentiel de la troupe avaient quitté le nid pour traquer le maquis.

 

        La première bombe explosa sur la place. L’église Saint-Pierre vacilla sur ses fondations. À l’intérieur du sanctuaire le tabernacle trembla et la veilleuse indiquant la présence du Saint-Esprit faillit s’éteindre sur l’autel. La seconde éclata dans la rue principale, soufflant vitres et murs, faisant tinter, comme autant de sonnettes des morts, les belles assiettes exposées sur le vaisselier, celles qui ne servaient jamais, même pour les jours de fête.

 

         La troisième commença à tuer.

 

        Au plus fort du déluge, le gars Miniou, ce grand dadais du Bezen Perrot qui s’était engagé pour voir et dira plus tard le regretter, avait trouvé refuge dans les feuillées creusées dans les taillis en bordure du bourg. Il se pensait à l’abri. Les chiottes, tu penses, les bombes ont d’autres choses à faire que d’aller les fouiller ! Mauvais calcul. Le souffle d’une bombe enveloppa les lieux d’aisance et si Braz ne fut pas tué, il n’en fut pas pour autant épargné. Il ne lui restait plus qu’à trouver un point d’eau pour se débarrasser du manteau de merde, vêtement ô combien symbolique, qui l’habillait de la tête de pied en cap.

 

       Hélas, pas de tragi-comédie pour les braves gens du bourg. Bientôt le grondement de l’escadrille, remplacé par celui du feu rongeant les ruines des maisons, s’estompa avant de disparaître. Vingt-deux scrignacois et deux soldats allemands gisaient dans les décombres. Mais l’opération n’était pas pour autant un échec. Le soir même, l’ordre de quitter la montagne et de rejoindre le Morbihan, écartant, pour le présent et l’avenir, toute idée de vengeance, atteignit Roeder et ses complices comme un direct au foie. Une dernière fois on convoqua le maire.

 

        — Vous avez trois heures pour sauver vos archives, dit Roeder que l’échec rendait encore plus roide. Nous ne partirons qu’après avoir brûlé l’école et votre foutue mairie.

 

        Lorsque, après dix jours d’occupation la colonne infernale s’éloigna de Scrignac, la petite bourgade n’était plus qu’un amas de cendres d’où montait une fumée étrangement paisible. Le ciel était vif et serein. Il s’en faudrait beaucoup avant qu’elles ne soient cicatrisées, mais la montagne pensait déjà ses plaies. Elle n’était pas vaincue.

 

                                                     ©José Le Moigne

                                                     Août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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