Lundi 14 mai 1 14 /05 /Mai 01:15

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Photographie : José Le Moigne

 

                                                 26

 

          C’était dimanche.

          Dimanche 16 juillet 1944.

          Le ciel, sur Bourbriac et la montagne rouge, était couleur acier, la chaleur sèche et violente. En grande tenue, rasés de frais et parfumés, les miliciens et les soldats de la Wehrmacht rivalisaient de bonne humeur. Les murs résonnaient de leurs rires égrillards, de leurs provocations verbales, de leurs propos sans queue ni tête, des déflagrations des bouchons qui sautaient. Ceux de la cave savaient que cela ne présageait rien de très bon. Cela ressemblait trop au jeu du chat et de la souris. Il valait mieux tomber sur un greffier maussade et las que sur un matou au meilleur de sa forme et décidé à le montrer.

        — Écoutez-les se mètrent en condition ! souffla Marcel Sanguy.  On va dérouiller sec quand ils seront bourrés !

Marcel Sanguy était un petit homme rond d’allure qui conservait, même ici dans cette geôle d’un autre temps, en dépit de la trouille qui lui nouait les tripes, un ton joyeux et gouailleur qu’il tenait de sa profession. À trente-six ans, entrée depuis quelques semaines à peine dans la résistance, Marcel était marchand forain. Chacun se défend comme il peut. Sans bien le formuler sanguy pensait que plaisanter du mauvais permettait, même si ce n’était, hélas, que trop partiellement, de l’affronter avec un peu plus de sérénité.

        Albert Torquéau qui sortait de l’interrogatoire le regarda d’un air complice.

        — IIs ne m’ont pas encore touché, mais ce n’est que partie remise. D’ailleurs, ce pourri de Daigre m’a averti.

        — Que t’a-t-il dit ?

        — Mange-bien, l’instit, prends des forces, tu vas en avoir besoin. Je pense que c’est clair !

        — Et l’autre… As-tu entendu quelque chose sur l’autre ?  

        Marcel ne méprisait personne en s’exprimant ainsi. C’était juste qu’arrivé la veille, et torturé dans la foulée, cet autre dont-il parlait, en avait oublié jusqu’à son nom. Depuis, gisant sur la paille souillée, il dormait d’un sommeil fiévreux et le reste du temps, les yeux ouverts malgré ses arcades sourcilières brisées, il délirait en appelant sa mère avec une voix d’enfant malade. Parfois, dans un sursaut de bête à l’agonie, il éclatait d’un rire de dément puis brassait l’air dans un tragique moulinet en imitant le bruit d’un moteur d’avion.  

       L’instituteur accompagna sa voix d’un mouvement d’épaule ou l’impuissance le disputait à la pitié.

       — L’autre, dit-il dans un murmure, il n’en a pas fini. Je crois qu’ils vont le massacrer.

       Albert leva les yeux vers le plafond. Filtrée par l’étroit soupirail la lumière vive du dehors, accrochant la poussière au passage, dessinait sur le sol un vague planisphère. Alors il se souvint des solstices d’été et des feux de Saint-Jean. Combien de fois n’avait-il pas sauté par-dessus le tantad [1]dans le crépitement des gerbes d’étincelles ! Il était rassurant de se dire que ces simples bonheurs n’étaient pas à jamais effacés. Au fond, c’est aussi pour ça qu’il se battait.

       Au-dessus de leurs têtes la bacchanale s’arrêtât. Il était quatorze heures, Roeder avait fait son entrée.

       La porte de la cave couina et l’ombre chinoise de Vissaut se détacha de la pénombre. Le milicien entreprit de descendre les marches tandis, qu’au sommet de la cage, appuyé sur la rampe avec un air mauvais, Max, l’homme de la Gestapo, mâchonnait son mégot en attendant d’intervenir.

        — C’est l’heure, salopards !

        Vissaut s’approcha de l’instituteur, effleura sa poitrine du bout de sa matraque, puis lui siffla en plein visage :

        — Toi, d’abord !

        Albert ne broncha pas. Tout ça n’était que la concrétisation des menaces de Daigre. Il n’allait pas ciller et Vissaut en serait pour ses frais. Le milicien n’insista pas. Délaissant Torquéau il se tourna vers l’homme sans nom prostré contre le mur.

        — Toi, aussi ! dit-il, en effleurant ses côtes d’un coup de botte méprisant.

        L’instituteur senti monter en lui la rage et le dégout.

        — Comment veux-tu le faire monter ?  Il tient à peine debout !

        — Fais-moi confiance ! Il va monter !  Et en vitesse encore !  …

        Vissaut sourit d’un air cruel, rajusta ses lunettes et fit un signe à Max. D’une pichenette désinvolte l’auxiliaire de la Gestapo balança son mégot. Il descendit quatre à quatre les marches, saisit l’homme sans nom par-dessous les aisselles, puis, toujours sans prononcer un mot, il le traîna comme un pantin dans l’escalier.

        — Suis-les ! glapit Vissaut en brandissant son nerf de bœuf.

        Il n’était plus temps de s’apitoyer. On ne trahirait pas, on s’efforcerait de rester solidaires, mais à présent, autant ne pas tricher avec soi-même, c’était chacun pour soi.

         Lorsqu’ils débouchèrent dans la cour aveuglée par la violence du soleil la poulie du vieux puits, actionnée par une main impatiente, poussa un long gémissement. Quelle blague ! Prétendre couvrir ainsi les hurlements des suppliciés relevait du plus complet cynisme. Les tortionnaires eux-mêmes n’y croyaient pas. À chaque séance de torture les cris franchissaient les clôtures, les voisins horrifiés se bouchaient les oreilles, les passants terrifiés baissaient la tête et changeaient de trottoir mais eux, imperturbables, lançaient la manivelle et le treuil, semblable au coq de Saint-Pierre, poussait son hypocrite hululement.   

        Malgré la chaleur étouffante il régnait dans la pièce une atmosphère de morgue. Rien qu’à la gueule de Guy Daigre, le trop fameux Coco bel œil, Albert comprit que ce serait terrible. Bien au-delà de ce qu’il avait pu imaginer.

        — Ils vont nous autopsier avant de nous avoir tués ! pensa l’instituteur en bloquant dans sa gorge son envie de vomir.

        Près de Coco bel œil, dont le front dégarni était parcouru par des frissons de haine, se tenait le jeune Cardrun. Lui non plus n’était pas un cadeau. Comment pouvait-on oublier le plaisir qu’il prenait, chaque soir, quand il venait visiter la cave, à serrer les menottes, le plus étroitement possible, de telle sorte que, à chaque mouvement, elles vous broyaient les chairs sensibles du poignet. Pourtant, personne ici ne l’ignorait, à côté de cet homme blême, gluant et adipeux, répondant, par sa sauvagerie et sa bestialité, au surnom sans équivoque du fauve, Cardun était un archange du ciel. En ajoutant à ce sinistre triumvirat Visaut et Max qui, comment aurait-on pu un instant en douter, ne donneraient pas leur part aux chiens, on avait presque fait le tour. Presque, car il ne fallait surtout pas les oublier, les quatre miliciens du Bezen Perrot qui, le doigt sur la détente montaient une garde vigilante.

        — T’as soif ? demanda Daigre à l’homme sans nom  

        Le martyr acquiesça en clignant des paupières. 

       On avait relégué la table de jardinage au fond de la remise. Cardrun fit un geste en direction du fauve. Le milicien s’avança vers la table et en revint tenant entre les mains une écuelle remplie d’un abject mélange d’eau et de mousse à raser. Des poils de barbe mêlés à des crachats flottaient à la surface de l’infect bouillon.

       Saisissant l’homme par les cheveux, Coco bel œil lui pinça les narines et le força à boire.

       — Maintenant c’est à toi, dit-il en passant le relais à Cadrun. 

       Le malheureux, que plus personne ne soutenait, s’effondra dans un craquement d’os et de chairs pilées. Avant qu’il n’eût touché le sol le blanc-bec le cueilli d’une claque à la volée avant de l’achever d’un coup de pied dans le bas-ventre.

        À présent Coco bel œil plantait son œil unique dans le regard d’Albert.

        — À quatre pattes, Monsieur le commissaire aux effectifs … Oui, mon cher Tarzan, c’est bien à toi que je m’adresse ! dit-il en jouissant de ses propos.

        Ainsi il savait tout ! Quelqu’un avait parlé et le maquis de Saint-Tréphine n’avait plus de secret pour lui. C’était la pire des nouvelles. Débarrassés du souci de trouver des renseignements Daigre et ses sbires allaient pouvoir se livrer, avec des raffinements semblables à ceux des cercles de l’enfer, à leurs instincts sadiques, leur plaisir de torturer, leur besoin morbide de venger leurs blessures d’orgueil.

         L’instituteur ne craignait pas la mort. Bien qu’il n’eût que vingt-quatre ans, il avait fait le sacrifice de sa vie. Pour autant, il ne l’appelait pas. Le mot résignation ne faisait pas partie de son vocabulaire. Pourtant, que pouvait-il faire d’autre que de s’exécuter ? Lentement, le buste droit dans un ultime élan de dignité, il se laissa glisser.

        — Tends tes paluches ! rugit Cardun.

        Le nerf de bœuf lui zébra les épaules. Rien de nouveau sur la planète.  Cette fois encore l’associé du bourreau marquait avec violence son territoire. La volonté ne peut pas tout. Un court instant Albert sentit se rompre en lui l’esprit de résistance. Il tendit les poignets. Cardun pu se livrer à son jeu favori de menotter serré.

        — Fais-nous un beau dos rond ! C’est ça ! Écarte bien les bras ! Tu te démerdes comme tu veux mais je veux voir tes genoux passer à l’intérieur de tes coudes. ! Hein ! Tu ne te croyais pas si souple ! Un vrai contorsionniste ! 

        L’instituteur se souvint de sa dernière promenade scolaire. C’était un jour de juin d’une très grande douceur et les enfants, pour quelques heures délivrés du poids d’un quotidien en guerre, étaient prêts à croquer la forêt, à la parer de toutes sortes de mystères, à l’apprivoiser comme ils s’imaginaient, dans leur perception encore neuve du monde, pouvoir dompter la terre. Albert connaissait son métier. Adepte des plus récentes théories il aimait voir les enfants, dès que l’occasion se présentait, s’émanciper de sa tutelle. Cependant, il en était conscient, cette pédagogie de liberté ne valait que si, une fois l’initiative prise et assumée, ils revenaient à lui. Il n’en faisait ni une question d’autorité ni de caporalisme. Il pensait simplement qu’une expérience ne pouvait être positive une expérience que partagée par tous.

        Ils s’apprêtaient à rejoindre le bourg lorsque, traînant son poids et sa timidité, un gentil hérisson, avec son nez pointu et ses prunelles en escarboucles, apparut au milieu du chemin. Paniqué par les voix des enfants et le bruit de leurs pas, le petit animal se métamorphosa sur l’instant en une énorme baugue hérissée de piquants. Cette fois encore, au grand bonheur de tous, la promenade se transforma en une leçon de choses.

        — Qui peut me dire pourquoi le hérisson se met ainsi en boule ?

        — Moi m’sieur ! Pour que personne, et même pas le renard ne puisse s’en saisir.

        Si aujourd’hui, otage des pattes de Cardun, Albert avait été encore capable de sourire, il l’aurait fait, riant de lui comme ce jour-là il s’était amusé du naïf exposé du petit Jules Lescop. À présent, dans cette chambre de torture, aurait pu être le hérisson craintif, mais, sensible différence, avec sa peau sanglante et lisse, il tenait davantage du lapin écorché que du petit insectivore.  

        Ce retour en arrière ne dura guère plus longtemps qu’un dièse ou un soupir inscrits sur la portée. Déjà Cardun se rappelait à lui.  

        — Écarte les coudes que je t’ai dits ! Pousse tes guibolles sous ta poitrine !

        Albert ferma les yeux. C’était pour lui la meilleure façon de contenir l’angoisse. Ainsi ne vit-il donc pas Cardun se saisir d’un bâton et l’enfoncer dans le méat entre ses coudes et ses genoux. il ne put cependant s’empêcher de crier lorsque son tourmenteur comme un coléoptère dont on veut jouir de sa panique.

        Alors, les bottes, la matraque, le gourdin, dans un terrible crescendo, dansèrent sur son corps une effroyable sarabande.  

        Garder les muscles relâchés, c’était le seul moyen d’amortir les coups.  Albet s’y essaya mais du très vite y renoncer. Ce n’était pas là un manque de courage et encore moins de dignité, mais, malgré sa volonté, son corps entier se contractait et les ondes de choc se propageaient dans sa chair statufiée à la vitesse d’un séisme ou d’une nuée ardente.

       — Boucle-la, salopard !

       Le coup de pied qui suivit fut à la hauteur du coup de gueule. Offrant son flanc à la raclée Albert roula sur le côté. Cardrun bourra sa bouche de chiffons gras. À présent, on n’entendait plus dans la remise que les han ! han ! des tortionnaires et les claquements en rafales des coups. Seuls les yeux de l’instituteur pouvaient encore exprimer sa souffrance et sa haine. C’était peut-être son ultime défi, mais tant qu’il parviendrait à ne pas baisser les paupières, il crocherait, comme avec un harpon dans l’œil unique de Guy Daigre, et ne lâcherait pas.

       Mais le bougre œil n’aimait ni le défi ni la provocation.

       — Cardrun, apporte-moi une cuillère à café !

       Un silence d’arène flotta dans la remise. L’éphèbe parcouru les quelques pas qui le séparaient de la table et en revint en balançant, sous la lumière crue du plafonnier, une cuillère d’acier irisée de reflets. Coco bel œil s’en saisit, la présenta à ses complices à la manière d’un sacrificateur, puis, poussant un cri de cannibale, il plongea sur l’instituteur et, à l’instant même où leurs visages furent sur le point de se toucher, lui basculant la tête, il enfonça l’engin dans l’orbite du jeune homme, passa sous le globe oculaire avec l’adresse d’un écailler. Albert poussa un cri terrible. La salle tourna autour de lui comme les parcelles de couleur dans un kaléidoscope, et puis le noir effaça tout.

        Quand il revint à lui sa tête n’était plus qu’un brasier. Pourquoi, se demanda-t-il, mon champ de vision se trouve-t-il à ce point rétréci et pourquoi ne suis-je plus nu mais rhabillé sans que je sache ni par qui ni comment. Jusqu’à mes galoches à semelles de bois qu’on n’a pas oublié de glisser à mes pieds ! La mémoire lui revint. Albert compris alors que sa mutilation ne lui poserait pas de problème. Il n’aurait pas le temps de devenir le borgne du village. Face à lui, rigide comme une sentinelle, l’horloge comtoise marquait vingt heures. L’instituteur se rendit alors compte qu’il n’était pas seul dans la pièce. Près de lui, le souffle court et le corps déchiré, l’homme sans nom gisait sur le carrelage noir et blanc.         Malgré son extrême faiblesse, malgré l’intensité de sa souffrance, Albert chercha à faire le point. Le brouillard où il était plongé se déchira. L’un après l’autre il reconnut, les uns mourants, les autres à peine plus valides, les sept gars de la cave.  Arrachés à la paille fétide de la geôle, ils attendaient, comme des bovins à l’abattoir que l’odeur du sang n’affole même plus, que s’écrive la fin.

       L’instituteur supportait sa position. S’appuyant sur ses mains et genoux il chercha à se redresser. Sanguy l’aida à se mettre debout.

       Alors, Roeder, bottes luisantes, vareuse tirée comme au cordeau, toutes médailles en avant, entra par la porte du fond. Bras tendu l’officier salua et Guy Daigre lui rendit son salut. On avait beau y être habitué, voir un français tendre le bras à l’hitlérienne, restait un choc et une humiliation.

       Un court silence s’installa que Roeder se chargea comme il se doit de rompre.

       — Les véhicules sont arrivés. Vous pouvez y aller, dit l’officier en indiquant la porte de sortie.

       De nouveau Torquéau regarda à nouveau la pendule. Il était vingt heures trente.

      Deux voitures légères et un camion bâché attendaient dans la cour. Les gourds duBezen Perrot poussèrent des cris rauques. Blessés ou non, mourants ou non, furent balancés dans le camion.

      Le convoi s’ébranla.

      Ne tenant compte ni du danger ni de son âge, chaque jour depuis qu’on avait arrêté son garçon, la mère de Torquéau, faisait à bicyclette l’aller-retour de Rostrenen à Bourbriac. Elle allait droit au dispensaire d’où elle savait pouvoir surveiller la maison du notaire, grimpait jusqu’à l’étage, s’installait derrière la haute baie vitrée, et n’en bougeait plus pendant des heures. On ne l’arrêtait pas. Ce n’était plus un secret pour personne. Elle espérait apercevoir son fils. Hélas, ce soir-là, lorsque le convoi passa, la bâche du camion avait été tirée. Pourtant, la vieille femme sentit son cœur s’affoler. Pour elle cela ne faisait pas de doute. Tout son amour de mère le lui disait : son fils était dans le camion. On vit alors la brave femme tendre les mains dans une démarche de suppliante tandis qu’elle murmurait :

       — Pauvres gosses ! Ils souffriront peut-être moins dans leur nouvelle prison.

       De peur de défaillir elle s’appuya à la rambarde. Sa poitrine battait et ses membres tremblaient. En bas, sur le trottoir, des jeunes gens passaient. Leurs rires sonores envahissaient l’espace. L’aigrelet d’une bombarde et la musique d’un manège montèrent jusqu’à elle. Quelle indécence se dit-elle. Comment peut-on célébrer le pardon quand, au pied même de la fête, des enfants subissent la torture et peut-être la mort !

       Mais déjà le convoi s’effaçait au tournant de la rue.

       Quand on y songe, on aurait pu dix fois l’attaquer et délivrer les prisonniers. En effet, signalé par les voix avinées des gours braillant des chansons d’ivrognes, le convoi cahota par toutes les routes du canton. On l’aperçu près de Callac, à Lohuec, à Bolazec, à La Chapelle-Neuve, à Plougonver enfin. Les prisonniers qui croyaient qu’on les abattrait à peine sortis de Bourbriac ne comprenaient rien à cette errance. Avait-on prit la route du Morbihan ? Etait-il possible qu’on changeât seulement de prison ? Les miliciens qui n’avaient pas dessoulé de la journée ne savaient plus où ils allaient ? fallait-il s’accrocher à cet espoir tenu ou reconnaître, qu’au bout du compte, les salopards cherchaient un endroit à leur convenance ?

       Le soleil couchant passait par les interstices de la bâche. Cela devait bien faire deux heures que l’on roulait. Soudain, le crissement des roues sur le gravier, fit comprendre à Albert que l’on avait quitté la route. Sans doute s’était-on engager sur ce qui devait être un chemin vicinal.

       Deux cents mètres plus loin on s’arrêta. Les portières claquèrent. Les miliciens n’essayaient pas d’être discrets. Ils parlaient haut, échangeaient en riant de lourdes plaisanteries, certains se soulagèrent contre le talus.

       La ridelle s’abattit.

       — Descendez !

      La montagne se noyait dans le rouge de l’astre déclinant. Des coups de feu claquèrent. 

 

©José Le Moigne

Mai 2012

 

 

[1] Tantad : feu de joie

 

 


Par le breton noir - Publié dans : Textes - Communauté : Vos blogs
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