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Valenciennes

Publié le par le breton noir







Extrait d'un roman en écriture dont je tairais le titre.

     Je dirais tout, mais il me faut auparavant faire un détour, ou plus exactement, une anticipation. Valenciennes, automne 1991. Des murs de briques engoncés dans la suie; des friches industrielles dressées dans le brouillard comme des chevaux  de frise; des chevalets grinçant au pied des terrils angoissés; des gueules lasses dans les cafés où la bière coule plus vite que la vie; des statues désolées qui n'évoquent que de très loin le passé lumineux de l'Athènes du Nord. J'ai débarqué ici poussé par le hasard, mais je ne m'en plaint pas. De l'avoir abordée sans arrières-pensées me donne quelque chose qui ressemble à un droit de cuissage. Cette ville se donne à moi comme un diamant prisonnier de sa gangue. J'ai amarré ma barque. J'ai déposé mon sac. Ce pourrait-être un port d'attache.
     Un port sans vie nocturne, cela n'existe pas. ici les bars à matelots s'appellent estaminets et les marins déboussolés qui  godillent dans les ruelles obscures sont, pour la plupart, des hommes du fond orphelins de la fosse qui parlent haut  et s'interpellent dans une langue brutale qui me rappelle, allez savoir pourquoi, l'argot de la flibuste.

Tango
tango argentino
Tango
tango de la mort
bien des soleils avaient brûlé ma peau
  et bien des filles me trouvaient beau
mais je préférais la nuit
les marins au fond des ports1

     A Valenciennes rien n'a changé. La nuit il faut que mon coeur brûle. J'ai amarré ma barque à L'embuscade où des gueules noires nostalgiques me racontent, dans l'odeur poisseuse des cigarettes et de la bière, des histoires du fond qui sonnent à mes oreilles comme résonnaient jadis les contes du grand large.

Tango Argentino OK sélectionné dans N.C.



1:Tango Argentino. Chanson: Paroles et musique José Le Moigne


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J
Merci Muriel de ce commentaire. Depuis ta lecture j'ai repairé des fautes de frappes qui rendaient mon texte un peu boiteux. Voilà, c'est corrigé. Mes colères sont des colères d'amour. Dans mon esprit, elle ne sont pas très éloignées de la prière. C'est compliqué un homme, mais je refuse la simplification. Au fond, je suis un panthéiste. Pardon d'être aussi pontifiant.
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M
Tes paroles, ta chanson, ton écriture, un instant m'ont tirée dans ta barque, m'ont plantée dans ta nuit. J'ai pleuré, je me suis balancée dans ma barque ancienne, je me suis souvenue de ma nuit passée. José, je comprends mieux ta fureur et ton cri. C'est tout cela mêlé à la lumière qui permet de si belles histoires habillée de ta si belle écriture. Ta couleur n'a pas de peau, elle chair et terre et mer, plaine et montagne, fleure et roche, ondée et torrent...ELLE EST CELLE DE LA VIE !
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F
J'aime beaucoup ton écriture sensuelle, José, toujours originale, sans l'ombre de clichés qui viennent chez certains comme un réflexe respiratoire... Je crois que je t'ai parlé de ce livre d'artistes sur Valenciennes pour lequel on m'a sollicitée de trouver des textes de "mes" écrivains (la Maison des Auteurs) ? ou je ne t'ai pas trouvé, perdu dans un de tes pays?...
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