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Poèmes du sel et de la terre

Publié le par le breton noir

 

 

 

portrait Dessin de Jacques Basse

Portraits dédicacés, éditions Raphaël de Surtis 2010

 

 

 

José Le Moigne et son livre « Poèmes du sel et de la terre »

 

Dans son recueil « Poèmes du sel et de la terre », paru à « L’arbre à parole », José Le Moigne nous apparaît comme ce chantre dont l’économie d’expression et la « mesure » cachent une flamme intérieure et une intensité qu’encercle les mots, comme de prudents remparts.

Ainsi semble t-il chanter à « contre jour » ou dans un secret balancement entre le « pays mouillé » où on l’a « déposé » et le « tutoiement des cannes » et « l’orgueil des totems » de sa terre de naissance, la Martinique.

Il y a dans ces poèmes une secrète lutte entre deux vagues qui se heurtent et se brise l’une contre l’autre, entre une certaine torpeur voulue par un climat nordique et le saut bondissant de la bête dans son paysage, frappant le cœur comme un éclair.

Une silhouette de femme se profile, héraldique et belle, discrète aussi, dont le poète nous parle avec délicatesse dès la première page.

 

Comment fait-on

pour oublier

la naissance d’un cil

dans le printemps des yeux

 

Dans son parcours, José Le Moigne salue quelque amis (Guy Goffette aux silences impatients) Caroline Roeland, Christine Simonis, Gilbert Millet, Jean Métellus, Joseph Zobel, Raphaël Confiant, Moncef Gachem). Dans son court poème pour Alfred Largrange, il a ces phrases magnifiques :

 

Fuir

avant que le soleil

ne mène les étoiles

jusqu’à l’autodafé

 

ce qui en dit long sur cette clameur d’impuissance liée à tout être humain de mettre à jour ses rêves, même par le biais de la poésie ?

 

Aucun livre jamais

ne s’ouvre tout à fait

la mémoire conserve

une trouée de mots

comme pour lier l’ailleurs

aux vignes du présent

 

Une toute dernière partie du recueil sous le titre « Échos de l’île » offre une avancée magnifique vers une île (idéale ? Commune à toute île ? Abordable par de multiples accrocs ou éclats de soleil ?) là, on sent bien qu’il y a de profondes racines sous cette île même, comme d’une barque généreuse, glorieuse, où « viennent s’abreuver les chevaux de l’exil "mais non tendre, toujours distante, fruit d’une espérance et d’un combat.

Ces lignes vous ont-elles convaincus de lire José Le Moigne ? Et tout spécialement « Poèmes du sel et de la terre » ?

C’est une façon très sûr d’entrevoir, sur une île, une lumière scintiller entre les dunes. Sommes-nous sur les rivages nordiques ? En Martinique ? L’amalgame se fait tout seul dans un chant pur et fort de poète.

 

Jeanne Maillet

In Feuilles de poémier

Avril-mai 2010

 

José Le Moigne

Poèmes du sel et de la terre

Editions L’arbre à parole

www@maisondelapoésie.com

www.rezolibre.com

12 euros

 

   

 

 

 

 

Commenter cet article

kinzy 26/04/2010 20:40



je fais le même constat que Flora


Ce portrait est lumineux il est vraiment très beau.


Bô du lundi José



flora 22/04/2010 18:40



Superbe portrait! Bravo à l'artiste!


Et félicitations au poète, bien sûr.


Amitiés: R.