Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Plan fixe

Publié le par le breton noir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zobel qui travaillait lentement n'a pas eu le temps de terminer ce dessin qu'il a tenu à m'offrir pour le 1er Janvier 2003. Honneur et respect pour mon ami. -

J.Le Moigne

Fleurs

 

1

Rivières qui passez
les coffres vermoulus
ne vous concerne pas

 

Mais toi-même enfermé
dans le printemps des saules
sais-tu quelle est ta vie

 

Au bout de ta mémoire
un chandelier de cuivre
s'endort comme un vieux chat

2

A l'horizon bouclé
les grandes centaurées
aiguisent les prairies
neigeuses de l'été

 

Cela n'est rien dit-il
en suivant de mémoire
un fleuve d'amertume
sur le plis de ses lèvres

 

Mais la boue
et aussi le soleil
les veines craquelées
de la fécondité

3

Puis les premières feuilles
se rallument déjà
veneur du grand silence
l'automne marque le pas

 

Timide sur les prairies
labiales de l'enfance
l'échappée du soleil
n'effarouche personne

 

Mais si vif oiseleur
qui donc a ajouté
des cloches de cristal
à tes appeaux de verre

4

La mer comme une coulée de lave
et l'or trop fin des négriers

 

ressac sac et victoire
la pierre à sucre s'enroule sur l'essieu

 

marquant d'un peu de bronze
l'âme de glas des violoncelles

5

Le passage de l'aigle
anime la charpente

Dans l'aigu des fontaines
dans les poussières des combes

 

qui pense à se venger
de la fièvre de l'arbre

 

fragile en son aubier

6

Car il y a toujours
des lieux de solitude

 

où la lumière se joue
de l'imprécis des portes

 

où la mémoire érige
des forteresses graves

 

glacis à dénombrer
les racines du temps

 

José Le Moigne
In Portuaires
éditions Chambelland/ Le Pont de l'épée
1985

boule

 

Commenter cet article

kinzy 06/08/2011 14:38



Magnifique croquis pour un très beau poème


Mes respects pour deux,^


Bo week-end José.